Visiter Abidjan, une ville en mutation
Rédaction
A propos
Abidjan appelé aussi Perle des lagunes est pour la Côte d'Ivoire, ce que Johannesburg est pour l'Afrique du Sud, New York pour les USA, Paris pour la France.....
La belle cité ivoirienne qui continue son expansion ne s'est pas faite en 1 jour.
L’évolution urbaine de la ville d’Abidjan et ses communes s’est faite progressivement.
Quelques Dates à retenir
Le premier plan d’urbanisme est colonial. Il a été élaboré pour favoriser l’implantation des compagnies commerciales qui rechignaient à quitter Grand-Bassam.
Les lotissements de Petit-Bassam et d’Abidjan-Plateau sont réalisés en 1903 et 1904.
En 1905, le lotissement du Terre- Plein commercial en bordure de la Lagune Ébrié est réalisé.
Ces différents lotissements sont concédés gratuitement et définitivement aux Européens qui ont fondé ou qui possèdent des installations à Grand-Bassam.
Dès 1898 la CFCI (Compagnie Française de Côte d’Ivoire) bénéficie la première de concessions cédées dès 1899 à la Compagnie Française d’Afrique de l’Ouest (CFAO).
Ces concessions sont en fait des débarcadères établis autour de l’actuel Treichville, en bordure de lagune.
Les premiers services sont installés d’après les plans de lotissement de 1904 et 1905 : services de douanes à Petit-Bassam, bureau de poste, télégraphe et téléphone, infirmerie- hôpital à Abidjan.
Le centre du Plateau avec la Présidence de la République, ancien emplacement du palais du gouverneur et tous les bâtiments environnants, le quartier RAN, les bâtiments de la rue du commerce, la rue Paris-Village et l’hôtel du Parc sont les vestiges de cette époque.
Vers 1940, l’hôtel Bardon devient l’hôtel du Parc, le premier hôtel climatisé d’Afrique francophone où travaillèrent les premiers barman et maître d’hôtel africains. C’était le centre de la vie à l’heure de la détente. On pouvait y boire un verre, rencontrer des amis et traiter des affaires. En face, un petit marché artisanal donnait un cachet particulier à cet espace.
À partir des années vingt, les autorités coloniales firent progressivement déménager les indigènes du Plateau pour des raisons de sécurité et de salubrité et les installèrent à Treichville et Adjamé. On les appelait alors les quartiers indigènes.
Jusqu’en 1950, ils constituaient avec le Plateau l’agglomération abidjanaise.
Hormis le Plateau et Treichville qui connaissent un véritable quadrillage et un dressage des rues à cette époque, le reste des communes sont des villages ébrié dans lesquels résident quelques Européens téméraires.
En 1951-1952, le plan Badani permet de nouveaux lotissements à Marcory, Koumassi, Adjamé-Nord, Attécoubé et Cocody.
En 1960, le pays est indépendant, ses grandes richesses attirent de plus en plus de sociétés étrangères. Le Plateau, demeuré le centre politique, administratif et économique du pays est vite dépassé au plan des infrastructures.
À l’ouest du boulevard de la République qui divise le Plateau en deux du nord au sud, on construit, dès 1960, les premiers bâtiments administratifs et logements des fonctionnaires.
Entre 1965 et 1975, la Côte d’Ivoire connaît un véritable boom économique qui contribue à changer le paysage urbain de la ville. En prévision de l’accroissement de la population urbaine, l’État développe un plan d’urbanisme avec des logements sociaux dont la réalisation est confiée à deux sociétés d’État : la SOGEFIHA et la SICOGI.
En 1970, de nouveaux travaux sont entrepris pour agrandir la mégalopole.
Yopougon, Port-Bouët bénéficient d’importants lotissements sociaux pour abriter les petits fonctionnaires ivoiriens.
Les Deux Plateaux, la Riviera sont réservés à l’habitat résidentiel. Le prestigieux hôtel Ivoire est inauguré en 1970.
Entre 1965 et 1975, démarre la construction des grands immeubles au Plateau.
Pour contenir les grands ministères chargés de la gestion du pays, on construit, en 1965, le Bloc Ministériel, vaste quadrilatère à deux niveaux avec un patio intérieur, bordé sur toute la longueur par des colonnades.
Avec l’hôtel de ville commencent les constructions en hauteur.
L’immeuble Air Afrique, à la rue des banques, dont une partie est occupée par la Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI), présente un porche monumental dont l’ornementation est ins pirée de l’art africain, la pyramide, l’immeuble de la caisse de stabilisation, le Postel 2001, les cinq tours administratives ou cité administrative, le CCIA, sont les témoins de cette croissance exceptionnelle que le pays a connu jusqu’à la fin des années soixante-dix.
À partir des années quatre-vingts, suite à la crise économique, l’État se désengage peu à peu et confie la construction des logements à des sociétés privées de promotions immobilières qui se multiplient alors.
C’est malheureusement l’urbanisation tous azimuts : modification anarchique des logements qui défigure l’esthétique de la cité, non-respect des cahiers de charges, utilisation d’espaces impropres à la construction ou d’utilité publique, vente anarchique des terrains villageois et construction dans des zones non viabilisées, manque d’entretien des bâtiments anciens, etc.
Les décennies à venir seront l'ère de nouveaux gratte-ciels comme la fameuse Tour F.